Octobre 2009

Interview de Nicolas Poincaré par Alexandra Sublet

 

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Pour celles et ceux qui (pour des raisons techniques) ne pourront pas y accéder, voici son script:

Alessandra Sublet à Nicolas Poincaré
- Je vous propose de s’énerver un p’tit peu avec Nicolas Poincaré puisque « faut-il arrêter de faire des enfants », voilà c’que prônent les écolos et ça vous énerve
- oui c’est rare que je m’énerve contre un journal, mais celui-là il est pas mal! Il s’appelle Terra Eco, c’est le mensuel du développement durable, c’est le journal auquel vous devez absolument vous abonner …
- ah bon!
- … si vous êtes persuadés que la planète va exploser, qu’on va avoir une déferlante de réfugiés climatiques, que la mer va monter très très haut. C’est un journal qui s’excuse de paraître sur papier, qui explique « voilà c’est embêtant », mais en même temps pour promouvoir leurs idées… Alors ils espèrent que bientôt ils pourront n’être que sur internet, ça sera plus écologique, mais malgré tout faut construire des ordinateurs qui sont polluants…
- et donc, il y a un article là dedans et qui vous a énervé…
- on arrive à l’article principal du numéro 7 de ce mensuel « faut-il arrêter de faire des enfants » et la réponse est plus ou moins oui : les enfants ça pollue, les enfants européens 10 fois plus que les enfants africains, les enfants ça pollue beaucoup et donc il y a une longue interview d’Yves Cochet qui est effectivement un petit peu le leader de ce nouveau courant malthus… mal-thu-sia-nien*, on appelle ça (!) , parce que Malthus était un démographe du…de…des… de l’année 1800, euh début du XIX° siècle donc en Angleterre. Il disait à l’époque « on est 800 millions sur terre, on ne pourra pas dépasser le milliard » . Bon aujourd’hui on est 6 milliards et les néo malthu-sia-nistes*… j’ai réussi… nous expliquent qu’on est 6 milliards aujourd’hui qu’on arrivera jamais à être 9 milliards, que vraiment ce sera trop.
- ce qui est prévu en 2050
- voilà et donc Yves Cochet par exemple, ancien ministre de l’environnement, député de Paris préconise des mesures, heu, actives pour essayer de nous dissuader de faire trop d’enfants. Par exemple de supprimer les allocations familiales, il estime que 283 € pour 3 enfants et ben c’est beaucoup trop et que peut-être si on supprimait les allocs, on ferait moins d’enfants et donc moins de pollutions. Y’a un autre article qui relate la fête en Belgique des « non-parents ». Ce sont les gens qui ne veulent pas faire des enfants parce qu’ils estiment que faire des enfants ça pollue, ou alors au contraire ils ne veulent pas faire des enfants parce que la planète est trop polluée et qu’ils ne veulent pas faire naître des enfants sur cette planète polluée.
- est-ce qu’un démocratie peut contrôler ses naissances Nicolas?
- d’après vous?
- la Chine
- la Chine est pas mal! Effectivement contrôler non, ils ne peuvent pas être dans notre lit et vérifier qu’on prend la pilule…
Un troisième intervenant: « oh méfie toi ! »
- pas dans une démocratie, mais ce courant de pensée donc, dirigé j’allais dire, par Yves Cochet propose des mesures concrètes comme la fin des allocs. Un autre en Belgique interviewé dans le journal, un autre intervenant estime que l’on pourrait donner une prime aux femmes qui accepteraient se faire stériliser après 2 enfants, les femmes qui prendraient l’engagement de ne pas faire de 3° enfant
- mais c’est fou!
- vous vous faites ligaturer les trompes et hop vous avez une petite prime…
- mais c’est impensable!
- et ben c’est un peu énervant, mais effectivement, y’a chez les écolos des gens qui vont très très loin, qui sont tellement persuadés qu’on va dans le mur que et bien ils sont prêts à aller jusqu’à essayer de nous dissuader de faire des enfants.
- et ça vous énerve,
- ça m’énerve et ça marche pas, moi je continue à faire des enfants,
- faites vous votre avis, chacun a le droit de juger finalement,
- ah ben achetez Terra Eco et jugez par vous-même.

 

* malthusien et néo-malthusien (tout simplement...) 

Tout d’abord, contrairement à ce que dit le journaliste, il est permis de douter que la réponse du magazine à la question « faut-il arrêter de faire des enfants? » soit « plus ou moins oui ». En effet dans son éditorial, le directeur de la publication écrit ceci « Si Terra eco pose cette question, ce n’est pas pour frayer avec les thèses malthusiennes ni pour choquer à bon compte. C’est, plus simplement, parce que nous considérons que toutes les questions de civilisation doivent être débattues sans tabou et au grand jour, y compris celle de la démographie. Cela ne nous empêche pas d’opter définitivement pour la seconde voie, celle de la révolution verte, qui considère que nos enfants sont bien davantage que des pollueurs en puissance : un pari sur l’avenir ».

Ensuite, comme cela a déjà été fait à la parution de cet article, on pourra remarquer qu’il est tout à fait contre productif (au niveau des idées, mais peut-être pas des ventes…) d’avoir utilisé un titre tel que « faut-il arrêter de faire des enfants ». En effet cette question et la réponse exagérée qu’elle peut impliquer à tendance à braquer tout le monde et en particulier les personnes qui entendent parler du sujet pour la première fois. Il est bien évident que le seul titre adapté aurait été « faut-il s’arrêter à 2 enfants? ».


Un autre problème, venant de ce qui a peut-être été une maladresse (ou une provocation?) de la part d’Yves Cochet, est le fait de sous entendre que ce sont les enfants qui polluent. D’une part c’est évidemment quand il parviennent à l’âge adulte qu’ils polluent le plus et d’autre part dans une société de « l’enfant-roi » cela échauffe inutilement les contradicteurs.


Résultat de toutes ces maladresses, des chroniqueurs expriment à bon compte une pseudo révolte qui les font passer pour des défenseurs du peuple et des libertés. Il s’engouffrent dans une brèche et s’en donnent à cœur joie espérant ainsi augmenter leur popularité et leur audience: « ils ne peuvent pas être dans notre lit ! - oh méfie toi ! »...

 

 

 

 

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