Plaidoyer pour la planification familiale

 

L’Unfpa, Fonds des Nations Unies pour la population, vient de publier un dossier intitulé « Les contraceptifs sauvent des vies ».

Le texte dresse d'abord un tableau d'ensemble du sujet: « Dans le monde en développement, surtout en Afrique subsaharienne et en Asie du Sud, la réduction de la mortalité maternelle et infantile n’a progressé que lentement. Si les taux de mortalité maternelle et infantile demeurent obstinément élevés, cela tient entre autres raisons à ce que les femmes qui veulent différer leur prochaine grossesse ou en éviter de nouvelles n’ont pas accès à la planification familiale. » Le texte indique ensuite que la planification familiale est une composante du développement, que ses vertus sont très généralement reconnues, mais que pourtant l’aide des donateurs qui lui est consacrée a chuté radicalement depuis le milieu des années 90. Quant aux pays concernés directement par ces problèmes, ils ne réalisent pas les investissements nécessaires.

Vient ensuite une série de données et de statistiques tout à fait importantes, et dont on peut extraire les suivantes:

     Situation actuelle 
   Situation possible*    Gain*
Grossesses non désirées 
75 000 000
22 000 000
    53 000 000
Avortements 45 000 000
14 000 000
    31 000 000
Naissances non désirées
30 000 000
8 000 000 
    22 000 000

 

 * Avec couverture des besoins non satisfaits en planification familiale

 

Notons au passage le nombre impressionnant (31 millions) d'avortements évitables par la mise en œuvre des mesures de planification familiale préconisées par l'Unfpa...

L'agence onusienne évalue ensuite le montant des mesures à prendre pour relever ce défi : « répondre aux besoins non satisfaits de planification familiale coûterait un montant additionnel de 3,6 milliards de $ par an, portant le total annuel à 6,7 milliards de $. »

 

Situation actuelle, suivie de la prise en compte du tableau précédent

  Naissances Décès  Croissance population 
 Naissances évitées*

 Croissance population*

Sur 1 an
  139 000 000   61 000 000 78 000 000  22 000 000 56 000 000
           

Imaginons alors que l'on puisse maintenir ce gain sur le moyen terme: en multipliant ces 22 millions par 40, on arriverait à  880 millions de naissances évitables d'ici 2050 (0,9 milliard). Sachant que les prévisions pour  le milieu du siècle sont de 9,2 milliards d'habitants, il ressortirait donc de cette simple extrapolation*, qu'en couvrant uniquement les besoins non satisfaits en planification familiale, la population de la planète pourrait n'être finalement que de 8,3 milliards en 2050.

Rappelons enfin que dans de nombreux pays à forte natalité, la situation peut se résumer ainsi : 20% de femmes utilisent un moyen de contraception et 20% sont en demande insatisfaite de contraception (c'est l'objet de cet article). Concernant les 60% restants, sur lesquels repose majoritairement  la baisse globale de la natalité, on peut raisonnablement penser que l'accès à l'instruction, pour lequel milite Démographie Responsable, amènera un grand nombre de ces femmes à refuser de rester cantonnées dans le rôle de simples reproductrices, rôle qui leur a été trop souvent assigné depuis la nuit des temps...

 

* En réalité ce calcul est purement théorique car de nombreux autres facteurs sont à prendre en compte.

 

 

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