Guyane : Population légale 2010

 

Cet article comprend la publication de l'Insee, elle-même suivie d'un commentaire de notre part. A noter, pour la compréhension des dates affichées, que les statistiques "consolidées" de l'Insee ne sont données qu'avec 3 ans de décalage. 

 
 

Au premier janvier 2010, 229.040 personnes habitent en Guyane. La Guyane est le plus grand département français avec une surface près de huit fois supérieur à celle de la Gironde, le deuxième département le plus vaste. Sa densité de population n’est que de trois habitants par km² tandis que la densité moyenne en France est autour de 100 habitants par km².

 

Une démographie guyanaise quasi-exponentielle

Depuis 1999, année du dernier recensement général de la population, la population guyanaise a augmenté de 72.250 habitants, soit une hausse de 46 % en onze ans et donc de 3,5 % en taux de croissance annuel moyen. A titre de comparaison, si la France hexagonale suivait le même rythme d’évolution, elle gagnerait plus de 2 millions habitants par an.

 

 

Un taux de natalité supérieur à celui de l’hexagone

Le taux de natalité en Guyane était en moyenne de 30,4 ‰ par an entre 1999 et 2009 quand il était seulement de 12,8 ‰ en France hexagonale. Durant la même période, la Guyane était le département dans lequel le taux de mortalité était le plus faible : 3,7 ‰ en moyenne par an contre 8,8 ‰ en France hexagonale grâce à la jeunesse du territoire.

 

Des taux d’accroissement de la population ayant tendance à diminuer depuis 10 ans

Malgré ces chiffres, le taux d’accroissement annuel de la population, bien que toujours très fort, tend à diminuer depuis maintenant dix années. Depuis 2006, la population guyanaise n’a augmenté que de 2,1 % par an quand elle augmentait de plus de 3,6 % par an au début de la décennie.

 

Quatre territoires distincts

La Guyane comprend quatre établissements publics de coopération intercommunale (EPCI). Dans les EPCI du Centre-Littoral et des Savanes auxquels appartiennent les deux principaux centres économiques de la Guyane, Cayenne et Kourou, l’évolution démographique est moins marquée que dans les autres EPCI. Les taux d’accroissement restent importants (+ 28 % et + 32 % de 1999 à 2010) mais largement inférieurs à ceux observés dans les autres communautés de communes.

 

Une évolution rapide de la population dans les communes frontalières du Brésil et du Surinam

L’EPCI de l’Ouest-Guyanais regroupe huit communes. La population y a presque doublé entre 1999 et 2010 et des communes dépassent largement les 100 % d’accroissement sur cette période comme Saint-Laurent-du-Maroni (+ 100 %), Papaichton (+ 132 %) et Maripasoula (+ 192 %). Dans l’EPCI de l’Est-Guyanais, les deux communes frontalières du Brésil, Camopi et Saint-Georges ont des taux d’accroissement de la population largement supérieurs aux deux autres communes, Régina et Ouanary.

 

Nicolas PRUD’HOMME et Pierre-Éric TREYENS

 

 



Rappel

- une augmentation de 7,2 % par an correspond au doublement d'une population en dix ans et à son quadruplement (!) en vingt ans...

- avec 3,4 enfants en moyenne par femme, la Guyane détient le record du taux de fécondité pour toute l'Amérique du Sud, et ce devant la Bolivie (3,3). En cause les prestations familiales qui sous les tropiques font des ravages.   

 

Ce dernier recensement ne fait que confirmer les craintes de "Démographie Responsable" concernant la Guyane. La démographie galopante (ou pour reprendre l'expression des rédacteurs de l'article « la croissance exponentielle ») de la population guyanaise ne peut être durable sur le plan économique, puisqu'il est impossible de créer autant d'emplois que de naissances, à une vingtaine d'années d'intervalle évidemment. Il faut par exemple savoir que les emplois que Shell a fait miroiter pour obtenir le droit de forer au large de la Guyane correspondent à peine à six mois de naissances...

En conséquence, la pression anthropique sur le milieu (la forêt amazonienne, les peuples amérindiens et la faune sauvage) deviendra de plus en plus forte, avec la déforestation massive qui est dans les cartons des élus, avec l'orpaillage illégal bien sûr, mais aussi légal comme en atteste la dernière décision gouvernementale d'octroi à la société minière Rexma d'un permis d'exploitation de mines d'or près de Saül aux portes même du Parc amazonien de Guyane.

On peut d'ailleurs manifester son opposition à cette concession en signant la pétition intitulée Non à tout permis d'exploitation aurifère dans un périmètre de 10 km autour du village de Saül ou encore (et surtout) celle sur le site des Cyberacteurs 

 

 Enfants amérindiens de Guyane

 

Lire aussi l'article de France Guyane sur le même sujet

 

 

 

 

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