"Décroissance et Emploi"

Emission "Du Grain à Moudre" - Janvier 2010
 
 
L'émission portait sur la décroissance, cependant l'économiste Jean Paul Fitoussi  (directeur de l’Office français des conjonctures économiques) est intervenu brièvement et de façon caricaturale (pour reprendre son propre terme) sur la problématique de la démographie (curseur sur 21:50):
 
Jean Paul Fitoussi: « Il est vrai qu'il y a quelque chose de caricatural dans l'extrême écologique. L'extrême écologique consiste à aimer tellement les générations à venir qu'on ne veut plus les enfanter. Ça devient le malthusianisme que certains préconisent ».
 
Julie Clarini (co-animatrice de l'émission): « Yves Cochet a dit qu'il fallait éviter le 3ème enfant ». 

Jean Paul Fitoussi: « Vous aimez vos enfants, donc vous n'en faites plus. Il y a quelque chose qui s'apparente soit à l'erreur de raisonnement, soit à l'imaginaire de la religion: mais rien d'analytique ».


- Pour les personnes qui s’inquiètent de la surpopulation, il n’est pas question de ne plus faire d’enfants mais d’en faire moins (et en l’occurrence éviter d'aller au delà de deux). Donc les assertions de Fitoussi ne reposent actuellement sur rien.
- Maintenant, si les conditions empiraient au point de devenir insupportables, on pourrait tout à fait imaginer qu’un couple décide de ne pas avoir d’enfants du tout pour ne pas leur imposer une vie effroyable (que faire dans le cas d’un scénario type « soleil vert »?). Il n'y aurait à ce moment là aucune "
erreur de raisonnement", aucun "imaginaire religieux" mais une simple dose de bon sens. Ceci étant, nous en sommes heureusement encore loin.
- Enfin, sur le fait d’enfanter moins, dans son ouvrage « Vie et mort de la population mondiale », le démographe Hervé le Bras (qui est loin d’être sur des positions malthusiennes) rappelle même, en page 77, les travaux de Louis Henry. Ce dernier a mis en évidence que la fécondité moyenne naturelle d’une femme est de 15 naissances (en cas de mariage dès la puberté et de vie de couple jusqu’à la ménopause), prouvant par là qu’un contrôle des naissances a en réalité existé depuis la nuit des temps...

A noter (à 32h30) une des interventions de Jean Gadrey (professeur d’économie à l’université de Lille):
« Il y a quand même quelques certitudes en terme de contraintes: si on ne réduit pas par au moins 5 d'ici 2050 les émissions de gaz à effet de serre en France, on n'atteindra pas les objectifs d'un monde soutenable. Si on ne les réduit pas par plus de 2 dans le monde, on ne réussira pas à tenir ces objectifs. Et donc il faut une foi particulièrement grande dans les progrès de la science pour croire cela. Diviser par 5 d'ici 2050, ça veut dire réduire de 4% par an pendant 40 ans, c'est à dire autant chaque année que ce que nous avons réalisé en 10 ans… Et si on ajoute à cela une croissance de 2 à 3% par an, ça veut dire une réduction de 6 à 7% par an [et] par unité produite.
Vous pouvez y croire, personnellement j'ai beaucoup de mal à y croire et j'observe d'ailleurs que des économistes réputés, qui il y a encore 2 ou 3 ans y croyaient, n'y croient  plus. Nicolas Stern, auteur en 2006 d'un important rapport sur le changement climatique vient de déclarer le 11 septembre dernier au Guardian "Les pays riches doivent oublier la croissance s'ils veulent stopper le réchauffement climatique". En France, Daniel Cohen a déclaré le 8 décembre au Monde "Nous devons penser ce que serait un monde sans croissance" ».

 

 

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