Empreinte écologique et population soutenable

 

Le tableau ci-dessous, élaboré par l'organisation anglaise Population Matters à partir des travaux du Global Footprint Network (GFN) donne, pour chacun des pays de la planète (exceptés ceux dont la population est inférieure à 1 million d'habitants) les informations suivantes :

Empreinte écologique ( Empte), en nombre d'hectares par habitant : surface nécessaire pour produire les ressources qu’une population consomme et pour absorber les déchets qu’elle génère (dans les conditions de vie du pays concerné).

Biocapacité (Bio), en nombre d'hectares par habitant : surface disponible (dans le pays concerné) pouvant assurer la production des ressources et l'élimination des déchet (la biocapacité peut être assimilée à une empreinte écologique disponible).

Autosuffisance (Autoce) en % : ratio biocapacité / empreinte

Dépendance (Depce) en % : 100% - Autoce. Exprime dans quelle proportion un pays doit, pour assurer le niveau de vie de ses habitants, faire appel à l'extérieur et/ou puiser dans des ressources non-renouvelables.

Population actuelle (Pop 2011) en millions

Population soutenable (Pop souble) en millions : produit Pop actuelle x Autoce. C'est l'effectif maximum qu'un pays ne devrait pas dépasser pour assurer, dans ses conditions de vie actuelle, durablement son équilibre avec le milieu, c'est-à-dire, sans dépendre ni de l'extérieur, ni de l'exploitation de ressources non-renouvelables.

Pour plus de précisions sur la notion d'empreinte : voir ici

Remarques

Les calculs sont ceux de 2011, eux-mêmes basés sur les chiffres résultant des comptages de 2008 du GFN. L'évolution de l'empreinte écologique de chaque pays peut aussi être visualisée ici.

Le classement des pays suivant leur empreinte écologique est loin d'être "irréprochable" du fait qu'il ne s'intéresse pas à la place dévolue aux autres espèces. Il existe d'ailleurs d'autres façons d'étudier l'adéquation population-ressources, voire celle de population-espace (via la densité de population par rapport à la superficie réelle ou au travers d'une densité qui ne tient compte que de la "surface agricole utile").

A ces limites liées à un inévitable arbitraire dans les critères retenus (combien d’hectares sont admissibles aux conditions définies ? Comment intégrer la protection de la biodiversité ? Comment définir les besoins exacts de la population…) s’ajoute une autre difficulté provenant du classement par Etats quand ces Etats eux-mêmes relèvent de catégories bien différentes.

Ainsi Singapour apparaît en tête de ce classement par ordre de "dépendance écologique", mais avec seulement 700 kilomètres carrés pour plus de 5 millions d’habitants, la République de Singapour constitue plutôt une ville ou au moins une zone urbaine qu’un véritable pays. Or, par nature une ville ne peut-être écologiquement indépendante. De même, plusieurs états producteurs de pétrole apparaissent aux premiers rangs. Ainsi, le Koweït (2ème), les Émirats Arabes Unis (4ème), le Qatar (13ème)...) Mais là aussi, ces États ont un statut très particulier : implantés dans des zones désertiques écologiquement inaptes à accueillir une population importante ils doivent plutôt être considérés comme des extensions du reste du monde (leur terminaux pétroliers en l’occurrence).

D’autre pays, quoique beaucoup plus vastes, doivent également voir leur classement interprété dans un contexte plus large. La Chine (35ème) en constitue le cas emblématique. Étant devenue « l’atelier du monde », une partie de ses atteintes à l’environnement devraient en réalité être attribué aux pays qui consomment les produits qu’elle fabrique. Ce type de problème prend toute sa signification dès qu’un pays a un commerce extérieur significatif relativement à son PIB, que ses échanges soient structurellement déficitaires ou excédentaires. Ce problème est toutefois partiellement intégré par la prise en compte du niveau de consommation de chaque pays pour les ceux qui sont structurellement importateurs de produits manufacturés.

Ces remarques ne doivent pas occulter certains enseignements très nets de ce tableau.

- Globalement l’humanité vit largement au-dessus de ses moyens. Selon les critères ici retenus le monde ne pourrait accueillir de façon durable qu’environ 4,4 milliards d’habitants alors qu’il en compte 7 (et en comptera sans doute 9 à la moitié du siècle). Le même constat peut-être fait en notant qu’il faut attendre le 104ème rang sur 149 pour trouver un pays en état d’autosuffisance écologique.

- Le poids de la démographie est très nettement mis en évidence. Ainsi les États-Unis, qui s’attirent les foudres de tout ce que la planète compte d’écologistes ne se voient classés qu’au 54ème rang dans l’ordre des plus mauvais élèves, tandis que des pays européens au style de vie globalement comparable ou même sans doute légèrement moins gaspilleurs, se trouvent beaucoup plus mal notés : ainsi le sont la Belgique (14ème), les Pays Bas(10ème) la Grande Bretagne(19ème), l’Italie(18ème), la Suisse (17ème) ou même, des pays à niveau de vie plus faible comme la Grèce (26ème). La France est (64ème), c’est le grand pays développé d’Europe le moins densément peuplé. Dans la même veine, le Canada, pays pourtant très riche ne se situe qu’au 133ème rang et se trouve donc dans la catégorie des « économies durables » du fait de sa faible densité de peuplement.

 

NB : Les pourcentages d'autosuffisance (et donc de dépendance qui en découlent) pourront sembler abusivement arrondis : il n'y a pas d'erreur pour autant. En effet, cela provient du fait que les empreintes et biocapacités sont arrondis à une décimale près (alors qu'en réalité il peut y en avoir plusieurs) et que les calculs sont faits à partir des nombres "exacts".

 

Classement des pays par dépendance décroissante

 

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