"Démographie et émergence économique de l Afrique subsaharienne" de John F May et Jean-Pierre Guengant

 

Environ 35 ans après les autres pays moins développés, les niveaux élevés de mortalité et de fécondité des 48 pays d'Afrique subsaharienne (ASS) ont commencé à baisser. Le démarrage tardif de la transition démographique dans la région, son rythme lent et le maintien d'une croissance démographique supérieure à 2,5% par un pendant plus de 50 ans font de la transition démographique de l'ASS un phénomène unique en comparaison des autres transitions observées ailleurs dans le monde.

Avec le début de la baisse de la fécondité et les meilleures performances économiques de l'ASS entre 2000 et 2014, de nombreux pays d'ASS ont cru qu'ils pouvaient capter un premier dividende démographique et de devenir des économies émergentes - un processus que nombre de pays d’Asie de l’Est et du Sud-Est ont été réalisés entre 1970 et 2000. Les données disponibles pour l’ASS et le contraire que sa forte croissance démographique depuis les années 1960 a eu des effets négatifs sur la croissance de son PIB par tête. Par ailleurs, il n'y a actuellement que quatorze pays de l'ASS, représentant 20% de la population de l'ASS, qui remplissent les conditions initiales nécessaires pour bénéficier d'un premier dividende démographique. Malheureusement, la pandémie du Covid-19 va gravement compromettre les perspectives économiques de l'ASS.

Ce livre analyse les défis que les pays de l'ASS doivent affronter pour répéter le miracle économique de l'Asie de l'Est et du Sud-Est. À ce jour, la majorité des pays d'ASS sont à une phase critique de leur développement. En effet, les prochaines étapes détermineront si, oui ou non, les pays de l'ASS seront en mesure d'accélérer leur transition démographique, de capter un premier dividende démographique et de devenir des économies émergentes.

John F. May est professeur de recherche à la Schar School of Policy and Government, George Mason University, Arlington, VA, États-Unis. Il a obtenu son doctorat en démographie de l'Université de Paris-V (Sorbonne). Il est spécialiste des politiques de population et de la démographie de l'Afrique subsaharienne et a travaillé sur des projets de population et de développement à travers le monde pour la plupart des organisations internationales.

Jean-Pierre Guengant est Directeur de recherche émérite à l'Institut de recherche pour le développement (IRD), rattaché à l'Université de Paris-I (Panthéon-Sorbonne). Il possède un doctorat en développement économique de l'Université de Clermont-Ferrand, France. Ses travaux récents portent sur le dividende démographique et l'émergence de l'Afrique subsaharienne. 


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Bruno DAVID sur France Culture (06/01/2021)

 

Script de la fin de l'intervention de Bruno David (président du Muséum National d'Histoire Naturelle) où il fait part de son analyse sur les origines de la crise pandémique actuelle. Pour écouter ce passage, cliquer sur ce lien puis sur l'invité des matins (8h19) et aller à 39’50’’.

Bruno David : « La pandémie est d’abord liée au fait qu’on est très nombreux et donc que la probabilité qu’un virus passe sur un être humain est relativement importante du fait même de notre nombre.

Elle est liée [ensuite] au fait qu’on se déplace beaucoup, donc une fois qu’elle apparait localement, elle est rapidement globale.

Elle est liée [enfin] au fait qu’on entretient une promiscuité avec des animaux, avec d’autres espèces animales. »

Guillaume Erner : « Mais cette promiscuité, elle n'était pas encore plus grande auparavant ? »

Bruno David « Non, en nombre, cette promiscuité était plus petite. [Par exemple], on est passé en 60 ans de 500 millions de volailles élevées à je crois 20 milliards (je cite de mémoire). Donc on est sur quelque chose de complètement différent en ordre de grandeur et on a ces élevages absolument gigantesques qui mettent en contact beaucoup d’animaux, qui sont d’ailleurs pratiquement tous identiques les uns des autres, donc c’est vraiment ''au bonheur des virus''. Donc quand il y a un virus qui s’introduit là-dedans, il peut envahir tout le monde.

On est donc en contact avec ces choses immenses et on va aussi chercher les animaux dans leurs environnements sauvages et on les amène vers nous. On détruit leur environnement sauvage. Ces animaux sauvages vont [aussi] venir vers nous car ils sont à la recherche de ressources.

Donc on crée de la promiscuité soit à travers des élevages intensifs, soit à travers une promiscuité avec des animaux sauvages. Tout cela va favoriser la transmission de virus.

Il ne faudrait pas croire non plus qu’en se disant finalement ''les virus viennent de ces animaux sauvages, par exemple on va s’en débarrasser; [car] si on se débarrasse de tous ces animaux sauvages, ils ne nous transmettront plus de virus''. C’est vrai, mais d’un autre côté, il faut savoir que les pathogènes s’intéressent toujours aux espèces dominantes. Donc, si on était la seule espèce qui reste en éradiquant les formes sauvages, on deviendrait la cible de ces pathogènes et ce serait donc la pire de choses à faire, car on se désignerait nous même comme étant la cible de ces pathogènes.

Respectons la biodiversité sauvage et faisons-en sorte qu’elle soit la plus diverse possible, c’est notre meilleure arme contre les virus.»

 

Bruno David Ouvrage B

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Journée Mondiale de la Population

Communiqué de presse de l'association Démographie Responsable

 

Le 11 juillet marque traditionnellement la Journée Mondiale de la Population. Cette année, nous serons en ce jour environ 7,8 milliards d’humains sur la Terre, soit 6 milliards de plus qu’il y a un siècle.

Il aura donc fallu seulement 100 ans pour que les effectifs de l’humanité progressent autant qu’ils ne l’avaient fait depuis les débuts de notre espèce jusqu’à l’an 2000 !

Que cette journée soit l’occasion de prendre conscience de ces ordres de grandeur, de la rapidité de cette évolution et de l’inquiétude que cela peut susciter, afin que la démographie soit enfin au cœur de toutes les réflexions sur la sauvegarde de la vie sur notre planète.

 

démographie 12000 ans dec 2019

NOTRE RAISON D'ÊTRE

 

Alors que l’écologie se place aujourd’hui au premier rang des préoccupations de nos concitoyens, le facteur démographique est encore le parent pauvre de toutes les réflexions et débats portant sur la meilleure façon de préserver les équilibres naturels et l’avenir de nos civilisations.

Démographie Responsable est une association écologiste et décroissante qui a pour objet de redonner toute sa place à ce facteur et qui milite pour que, peu à peu, l’humanité puisse stabiliser ses effectifs et s’engager vers leur lente décrue.

La population humaine a été beaucoup moins nombreuse durant la plus grande partie de notre histoire, mais son expansion actuelle :

- compromet le partage de la planète avec le reste du monde vivant

- exerce une forte pression de prélèvement sur les ressources naturelles

- diminue l'efficacité de l’ensemble des mesures qui peuvent être prises par ailleurs, notamment sur la réduction de la consommation, des rejets et des pollutions diverses et même des inégalités.

 

Des contraintes physiques mèneront inévitablement à cette stabilisation puis à cette décroissance mais il serait évidemment beaucoup moins douloureux de prendre dès aujourd’hui des mesures pour favoriser ce mouvement (éducation, accès à la contraception…) plutôt que d’attendre que l’humanité y soit contrainte par les faits.

En ce sens le combat pour une certaine modestie démographique par un ensemble de mesures incitatives constitue à la fois un combat écologiste et humaniste.

C’est à cela que travaille Démographie Responsable.

 

Pour mieux connaître notre mouvement n’hésitez pas à consulter les rubriques suivantes :

- Nos principales activités et militantismes.

- Nos statuts et notre direction.

- Notre comité scientifique et nos membres d’honneur.

 

Pour tout renseignement n’hésitez pas à nous écrire à :

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