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La famille restreinte
L’humanité fonce tout droit dans le mur ! « Si toute l’humanité produisait, consommait et polluait comme le font les pays développés, il faudrait l’équivalent des ressources de quatre planètes supplémentaires». (1) Or, il est illusoire de penser que les occidentaux vont réduire de beaucoup leur niveau de vie et leur consommation sans les forcer à le faire, ce qui est presque impossible dans les pays libres. D’autre part, on ne peut reprocher aux gouvernements des pays moins développés de vouloir hausser le niveau de vie de leurs citoyens. Donc, il y a déjà beaucoup trop d’habitants sur cette terre (6,7 milliards) pour offrir à tous les terriens un niveau de vie à l’occidentale. C’est le trop grand nombre de consommateurs qui constitue la source ultime de l’épuisement des ressources naturelles. Et ce sera bien pire en l’an 2050, lorsque la population mondiale atteindra 9,2 milliards d’habitants, selon les dernières prévisions de l’ONU (2). Une prise de conscience s’impose : l’humanité fonce tout droit dans le mur, si des mesures plus décisives ne sont pas prises rapidement. Pour arriver à faire vivre décemment (3) la population mondiale sans épuiser les ressources naturelles et modifier drastiquement les climats, il faut absolument inverser la tendance démographique jusqu’à l’atteinte d’un point d’équilibre entre la population et les ressources. Plusieurs pays ont déjà conscience que le taux de croissance de leur population est trop élevé et certains, dont l’exemple le plus connu est celui de la Chine, ont pris des mesures pour diminuer leurs naissances. Le rapport 2007 du département des Affaires économiques et sociales de l’ONU (4) nomme les pays qui font des efforts en ce sens (voir un résumé de ce rapport en annexe). Le même rapport montre aussi que les efforts sont loin d’être partagés par tous les pays moins développés et que beaucoup de pays développés vont dans le sens contraire en se dotant de politiques natalistes. En 2006, les prévisions de l’ONU (2), ont été revues à la baisse : le taux mondial de croissance devrait régresser de 1.17% en 2005 à 0,36% en 2050, mais la population totale s’élèvera tout de même à 9,2 milliards d’habitants en 2050. Toutefois, les efforts actuels pour diminuer la population ne sont ni assez intenses ni assez rapides pour éviter les catastrophes prévisibles : désastres naturels dus aux bouleversements des climats, épuisement des ressources, guerres pour l’eau douce, flux de réfugiés clandestins, etc., etc. Il est donc urgent d’agir pour accélérer l’inversion de la tendance démographique. C’est dans cette optique qu’est avancée la proposition suivante: OBJECTIF : 4 milliards de Terriens en 2100 Et ces 4 milliards de Terriens devraient à tout le moins jouir d’un niveau de vie décent (3). Cet objectif peut être atteint par l’implantation dans tous les pays à forte densité de population d’une Politique de la famille restreinte (0 à 2 enfants). De la sorte, on pourrait obtenir un taux de fécondité (5) inférieur à 2,1, soit le seuil nécessaire au renouvellement des générations. Ne pourrait-on pas alors profiter de l’expérience chinoise des 30 dernières années ? La politique de l’enfant unique de la Chine a bien mauvaise presse à l’étranger à cause des nombreuses coercitions comme l’avortement forcé (6). Tous les dérapages et coercitions dans l’application de la politique chinoise sont à éviter dans la politique de la famille restreinte, puisqu’ils vont à l’encontre des droits de la personne. D’autre part, certains assouplissements ont été apportés par la loi chinoise promulguée en 2002. La Chine a aussi instauré de multiples récompenses et privilèges pour les parents d’un enfant unique: par exemple, des allocations mensuelles pour les parents d’enfant unique pendant 18 ans et un montant forfaitaire à 55 ans (7). Ces mesures incitatives méritent d’être considérées. La politique instaurée en Chine aurait permis d’« éviter » environ 400 millions de naissances, le taux de fécondité ayant régressé de 5.44 en 1971 à 1.8 en 2005 (6). Une politique de la famille restreinte n’atteindrait peut-être pas des résultats aussi spectaculaires, mais elle devrait toujours demeurer incitative et non coercitive. But immédiat de la politique de la Famille restreinte (0 à 2 enfants) La politique de la famille restreinte vise à réduire le plus rapidement possible le taux de fécondité à 1,5 dans tous les pays de plus de 10 millions d’habitants, tout en haussant le niveau de vie des citoyens des pays moins développés. Pourquoi viser un taux de 1,5 ? Parce que : 1- Il y a urgence à diminuer le nombre de consommateurs pour qu’il n’atteigne pas 9 milliards en 2050, si on veut éviter l’épuisement des ressources et une dégradation intolérable de l’environnement. Selon la nouvelle méthode de calcul de l’empreinte écologique (Footprint 2,0), nous avons commencé depuis la fin des années 70 à puiser dans le stock des surfaces bioproductives renouvelables (« Overshoot of Renewable Biocapacity ») et en 2001, notre consommation globale surpassait la capacité de la planète à se renouveler de 39% (8). De plus, selon le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution des climats (GIEC), « Les émissions mondiales de GES imputables aux activités humaines ont augmenté depuis l’époque préindustrielle ; la hausse a été de 70% entre 1970 et 2004.» (9) Voir d’autres considérations du GIEC à la note (9). 2- Plusieurs pays développés doivent aussi faire leur part puisqu’ils sont les plus grands consommateurs et les plus grands pollueurs et étant donné aussi qu’un enfant qui naît dans un tel pays va consommer et polluer toute sa vie beaucoup plus qu’un enfant qui naît dans un pays peu développé. 3- Il faut, comme on le verra plus loin, éliminer les politiques natalistes de plusieurs pays développés en favorisant plutôt la hausse des quotas d’immigration, lesquels n’augmentent pas la population mondiale. Voici quelles données actuelles (2006) sur les taux de fécondité par rapport à la population totale (2) :
Il y donc encore beaucoup à faire pour diminuer le taux de fécondité à 1,5. Lorsque l’équilibre entre la population et les ressources sera atteint, il y aura lieu alors de hausser le taux de fécondité à 2,1 pour assurer le renouvellement des générations. Ce qu’est la politique de la Famille restreinte La politique de la famille restreinte consiste à offrir des primes ou des privilèges à ceux qui consentiraient librement à n’avoir que 0, 1 ou 2 enfants. Au préalable, i.e., dans la Phase 1 de l’implantation de la politique, il faudra bien informer tous les couples au sujet du planning familial et fournir gratuitement les moyens de contraception à tous les hommes et toutes les femmes sur terre en état de procréer : pilules anticonceptionnelles, stérilets, condoms, vasectomies et ligatures des trompes acceptées volontairement, etc. Parmi les privilèges, on pourrait, par exemple, offrir l’éducation gratuite jusqu’au doctorat pour un enfant, mais seulement jusqu’au niveau secondaire pour l’autre enfant. Offrir des soins de santé et des médicaments gratuits pour toute la famille restreinte. Les garderies seraient gratuites pour un seul enfant. Il est bon de maintenir les garderies subventionnées par l’état, car, en général, les femmes qui travaillent à l’extérieur désirent moins d’enfants. Il y aurait lieu, ici, de multiplier les exemples de privilèges associés à la politique de la famille restreinte. Dans un tel contexte, toutes les politiques natalistes actuelles devraient être inversées : après une période de transition, les allocations familiales mensuelles seraient beaucoup plus élevées pour le premier enfant ; il y aurait encore des allocations pour le deuxième enfant, mais elles seraient réduites de moitié par rapport au premier enfant. Ces allocations mensuelles seraient versées jusqu’à ce que le premier et le deuxième enfant atteignent 18 ans. Si l’on veut réduire suffisamment le taux de fécondité (soit à 1.5), il est préférable que la famille ne compte que zéro ou un seul enfant ; c’est pourquoi, l’ensemble des privilèges associés aux deux premiers enfants serait accordé dans des proportions de 2/3, 1/3 en faveur du premier enfant. Les couples seraient toujours libres de donner naissance à d’autres enfants. Toutefois, à la naissance d’un troisième enfant, ils ne recevraient rien pour ce dernier et, en plus, ils perdraient automatiquement tous les privilèges associés au premier et au deuxième enfant. Ceci est une condition stricte, sans quoi l’application de la politique de la famille restreinte serait totalement inefficace et l’argent qui y serait consacré complètement gaspillé. Étant donné que l’arrivée inopinée d’une troisième grossesse pourrait constituer une catastrophe économique pour certaines femmes ou certains couples, il serait souhaitable que tous les pays appliquant la politique de la famille restreinte légifèrent pour autoriser l’avortement sur demande, tout en prohibant l’avortement sélectif sur la base du sexe ; actuellement (voir annexe), il y a seulement 15% des pays moins développés et 69% des pays plus développés qui ont de telles lois. Quelques exceptions aux règles mentionnées plus haut pourraient être permises pour les peuples autochtones en vue d’éviter que l’application de la politique de la famille restreinte n’entraîne leur disparition ; par exemple, à la naissance d’un troisième enfant, on n’enlèverait pas les privilèges accordés aux deux premiers. Il importe aussi de trouver des moyens de récompenser tous les hommes et toutes les femmes qui n’ont pas un niveau de vie décent (3) et qui n’ont donné naissance à aucun enfant, que ces personnes soient hétérosexuelles ou homosexuelles, qu’elles soient fertiles ou stériles. Au cours de leur vie active (entre 20 et 60 ans environ), des allocations mensuelles leur seraient versées pour leur permettre d’atteindre un niveau de vie décent; le montant de ces allocations serait variable pour prendre en compte leurs revenus personnels : ceux qui ont déjà un niveau de vie décent, n’auraient pas droit à ces allocations. Lorsque les gens n’ayant eu aucun enfant prendraient leur retraite, on pourrait également, compte-tenu de leur revenus de retraite personnels, leur verser jusqu’à la fin de leur vie des allocations mensuelles de retraite leur permettant d’obtenir un niveau de vie décent, soit un montant X. Des allocations mensuelles de retraite pourraient aussi être versées aux personnes ayant eu un enfant, mais elles seraient réduites à X/2 ; pour les personnes ayant eu deux enfants, elles seraient réduites à X/4 ; ceci pour prendre en compte le fait que leur(s) enfant(s) pourrait (aient) les aider à subvenir à leurs besoins. Financement de la politique de la Famille restreinte Le coût de toutes ces primes et privilèges serait défrayé par les pays riches au prorata de leur PIB (très rares sont les pays riches qui atteignent présentement l’objectif d’aide internationale fixé à 0,7% de leur PIB). On demanderait à tous les pays riches de donner effectivement 0.7% de leur PIB et d’affecter les sommes additionnelles à la mise en place de la politique de la famille restreinte dans les pays moins développés. Tous les pays pourraient aussi utiliser à cette fin les économies réalisées grâce à l’inversion de leurs politiques natalistes actuelles. La participation au financement de la politique de la famille restreinte par les fondations privées serait également bienvenue. De même, les fonds d’investissements souverains pourraient y consacrer 10 % de leurs profits annuels, soit dans leur propre pays, soit à l’aide internationale. La plupart des pays pourraient facilement réduire de 10% leurs dépenses militaires pour les consacrer à l’implantation de la politique. On pourrait également remettre en cause et réaffecter les dépenses de certains programmes très coûteux et pas nécessairement urgents ; par exemple, est-il bien judicieux d’investir des milliards de dollars pour explorer les cailloux de la planète Mars, alors que le feu est pris dans notre propre maison, la planète Terre ? Enfin, la famille étant restreinte à un maximum de quatre personnes, les coûts sociaux (éducation, santé, etc.) associés à chaque famille seraient sensiblement réduits et pourraient être réaffectés. Des économies pourraient aussi être réalisées par un meilleur ciblage et un meilleur suivi de l’aide internationale. Avant d’implanter la politique de la famille restreinte, il y aurait lieu de chiffrer précisément les sommes d’argent requises à l’intérieur de chaque pays et les montants que devront fournir les pays riches sous forme d’aide internationale. Traité international de la Famille restreinte La politique devrait être implantée dans tous les pays, sauf ceux ayant un taux de fécondité inférieur à 1,5 et ceux ayant une population inférieure à 10 millions d’habitants ; ces derniers ont peu d’impact sur la population mondiale en valeur absolue et se réguleraient eux-mêmes afin de ne pas franchir cette limite et de ne pas être assujettis au traité. Certes, ils seraient les bienvenus s’ils avaient un taux de fécondité supérieur à 1,5 et s’ils désiraient adhérer au traité pour profiter de l’aide internationale prévue à cette fin. Sous l’égide de l’Organisation des Nations-Unies, un traité analogue à celui sur la non-prolifération nucléaire devrait être signé par tous les pays comptant plus de 10 millions d’habitants et dont le taux de fécondité est supérieur à 1.5. Selon ces deux critères et nos calculs effectués à partir des données 2006 de l’ONU (2), seulement 64 pays, comptant pour une population globale de 5,4 milliards deTerriens, devraient adhérer au traité. Une agence pour la mise en place et le suivi du traité devrait être créée et relever du Conseil de sécurité des Nations-unies : c’est le seul organisme supra national ayant une certaine capacité d’influence sur les pays récalcitrants. C’est cette agence qui aurait le mandat de gérer et de répartir les fonds dédiés à l’implantation de la politique de la famille restreinte en fonction des besoins et du degré de réceptivité et de conformité des pays adhérant au traité. Que faire avec certains des 64 pays qui refuseraient de signer le traité ou de l’appliquer intégralement ? Toute aide internationale additionnelle leur serait refusée, sauf en cas de famine, de pandémie ou de catastrophe naturelle. L’aide internationale additionnelle serait dirigée uniquement vers l’implantation de la politique de la famille restreinte dans les pays moins développés ayant adhéré au traité. De plus, on interdirait aux ressortissants des pays refusant d’adhérer au traité d’émigrer dans les pays riches et dans les autres pays ayant signé le traité; ainsi, les citoyens des pays récalcitrants feraient pression sur leur propre gouvernement pour qu’il entérine le traité. L’adoption d’un traité international prendra quelques années. En attendant, un ou plusieurs pays pourraient se doter d’une politique de la famille restreinte et, au besoin, accroître leur immigration comme prévu ci après. Immigration accrue mais contrôlée Il est admis que la diversité culturelle constitue une richesse pour l’ensemble de l’humanité. Les pays d’accueil ont le droit et même le devoir de sauvegarder leur propre identité culturelle quitte à accepter que celle-ci soit améliorée lentement grâce à l’apport positif des immigrants provenant d’autres communautés culturelles. Il leur appartient d’implanter des mesures d’intégration harmonieuse des nouveaux arrivants : par exemple, des cours gratuits d’apprentissage de la langue officielle et des systèmes institutionnels, ainsi que la reconnaissance rapide des diplômes obtenus à l’étranger, etc. Il y a plus. Nous savons aujourd’hui que tout être humain partage 99.99% de son bagage génétique avec tous les autres êtres humains, peu importe leurs traits distinctifs ou la couleur de leur peau; le racisme, la xénophobie et le repli identitaire basé sur une ethnie n’ont plus leur place. Le « nous » ne doit être que linguistique et culturel sur un territoire donné. Certaines personnes appréhendent un « crash démographique » ou un « suicide collectif » de la nation (10). Il s’agit là d’une conception étriquée de la nation basée sur l’ethnie « de souche ». Dans l’une de ses chroniques, (11) Hubert Reeves nous incite à développer une identité de Terrien : «… Allons-nous continuer à grandir en compassion et ne plus admettre pour les plus éloignés des terriens ce que nous n’admettons pas pour nos proches ? Car finalement, il faut être Français et terrien, Québécois et terrien… » Au Forum Global tenu à Bruxelles en juillet 2007 en présence de 800 délégués représentant 156 États membres des Nation sunies (note 4, page 27), on a considéré que la migration internationale légale constitue une opportunité et non une menace tant pour les pays d’origine que pour les pays d’accueil. Un changement des mentalités face à l’immigration s’opère : en 2007, seulement 19% des pays désiraient diminuer leur immigration, comparativement à 40% en 1996. En fait, les gouvernements reconnaissent qu’il faut mieux gérer la migration internationale plutôt que la restreindre. L’immigration joue un rôle crucial dans l’implantation de la politique de la famille restreinte. Les pays développés ayant adopté la politique de la famille restreinte seraient confrontés à un vieillissement de leur population et à un manque de jeunes pour faire rouler leur économie et payer les retraites des plus vieux. Pour compenser, ils seraient obligés de hausser sensiblement leurs quotas d’immigration légale. Et ils pourraient accueillir encore un plus grand nombre d’immigrants si les nouveaux arrivants s’étaient engagés à n’avoir pas plus de deux enfants. D’autre part, les pays d’accueil devraient renforcer leurs systèmes de contrôle concernant l’entrée d’immigrants illégaux, de faux réfugiés politiques ou d’individus carrément indésirables (criminels, terroristes, génocidaires en fuite). Le Canada à cet égard n’est pas un modèle à imiter. En effet, même lorsque les immigrants illégaux sont identifiés, on les laisse entrer sous de faux prétextes ; puis, il arrive souvent qu’on perde leur trace ou encore qu’il faille plusieurs années pour les expulser à cause d’un processus d’appels très long et très coûteux ; entretemps, l’immigrant illégal a eu le temps de donner naissance à plusieurs enfants et on plaide ensuite qu’il faut les garder pour des raisons humanitaires. Il ne faut jamais oublier que chaque immigrant illégal ou indésirable prend la place d’un immigrant de bonne foi. Les pays d’accueil étant plus réceptifs qu’aujourd’hui, les immigrants, en général, obtiendraient rapidement un niveau de vie décent, ce qu’ils ne pouvaient espérer dans leur pays d’origine. Des millions de gens des pays moins développés sont prêts à tout pour émigrer dans les pays plus développés ; grâce à la politique de la famille restreinte, ces derniers ouvriraient plus grandes leurs portes à l’immigration légale et ils éviteraient de faire face à des flux incontrôlables de réfugiés clandestins. Par ailleurs, il faudrait veiller à ce que l’immigration accrue ne pénalise pas indûment les pays d’origine en prenant les mesures requises pour éviter un exode massif des « cerveaux » ; à cet effet, les pays d’origine pourraient se doter de quotas d’émigration pour leurs professionnels les plus qualifiés, particulièrement dans le domaine de la santé ; quant aux pays d’accueil, ils pourraient éviter le démarchage intensif auprès des « cerveaux » étrangers en ne leur offrant pas des conditions de travail mirobolantes et le paiement des coûts de transfert. D’autre part, les pays d’accueil devraient poser une condition stricte : un contrat écrit de la part de l’immigrant ou du réfugié politique qui engage ce dernier à ne pas avoir plus de 2 enfants, sous peine de renvoi automatique et sans appel dans son pays d’origine. De plus, l’immigration selon le critère de la réunification familiale serait limitée au conjoint et à 2 enfants. Présentement, la réunification familiale n’est pas reconnue universellement comme un droit (note 4, page 29). Et comme elle prête forme à de multiples abus (mariages blancs, adoption, famille élargie), plusieurs pays européens, comme le Danemark, la France, l’Irlande et l’Italie, tentent de restreindre l’admission des membres de la famille de l’immigrant. Enfin, l’immigrant ou le réfugié politique s’engagerait à respecter (sans nécessairement les épouser) les valeurs, les symboles et la langue officielle du pays d’accueil. Une personne qui émigrerait au Japon devrait s’attendre à devoir respecter la culture japonaise et ses valeurs démocratiques. Celle qui émigrerait au Canada devrait respecter la Charte des droits et libertés, les valeurs démocratiques, la laïcité des institutions et ne pas tenter d’imposer dans l’espace civique les dictats de sa propre religion. Bien sûr, chaque pays d’accueil serait libre d’imposer d’autres critères d’admission, tels que la langue d’usage, un profil professionnel correspondant aux besoins de main d’œuvre, etc. En somme, les pays développés pourraient compenser la diminution de leur population « de souche » par une immigration réussie en autant qu’ils aient instauré des mécanismes d’intégration appropriés et procuré assez rapidement aux nouveaux arrivants un travail correspondant à leurs qualifications. Promotion de la politique de la Famille restreinte Plusieurs associations promeuvent déjà la diminution de la croissance nationale ou mondiale de la population; mentionnons seulement les suivantes : The Population Institute (12), Population Connection (13), Peopleandplanet.net, Sierra Club (14), The Green Umbrella (15), Population Coalition(16). Quant à l’ONU, elle s’est dotée à la conférence internationale tenue au Caire en 1994 d’un programme d’action de 20 ans (ICPD Program of Action) (17). Ce programme couvre de très nombreux axes autres que celui de la croissance de la population ; le programme d’action a eu un effet certain sur la diminution de la croissance de la population mondiale, mais pas suffisamment. Quant aux associations mentionnées ci-dessus, leurs actions vont dans le bon sens mais elles se limitent généralement à la stabilisation de la population mondiale par l’aide au planning familial. En somme, les efforts actuels ne sont ni assez intenses ni assez rapides. La politique de la famille restreinte va plus loin en visant à réduire le plus rapidement possible le taux de fécondité à 1.5 dans tous les pays de plus de 10 millions d’habitants, tout en haussant le niveau de vie des citoyens des pays moins développés. Les associations mentionnées ci-dessus pourraient élargir leur mandat pour promouvoir la politique de la famille restreinte. D’autres associations pourraient être crées à cette fin seulement. Des partis politiques pourraient aussi ajouter cette politique dans leur programme électoral. Il est également souhaitable qu’un ou plusieurs leaders charismatiques ou vulgarisateurs efficaces s’approprient l’idée et la diffuse le plus largement possible. Quant aux personnes altruistes qui se cherchent une cause, elles pourraient épouser ici l’une des plus vitales pour l’humanité et des plus enrichissantes au plan personnel. Quand la maison brûle, on sauve les enfants avant les poissons rouges. Production, consommation et pollution dans les pays développés Les citoyens des pays développés devraient consommer mieux et moins pour éviter l’épuisement rapide des ressources naturelles et permettre aux habitants des pays moins développés de hausser leur niveau de vie. De même, par l’innovation technologique, il faudrait dématérialiser (1) leur économie (moins de matières premières par unité de production). Enfin, il leur faut polluer beaucoup moins. Toutes les mesures pour préserver l’environnement ont déjà été abondamment documentées par plusieurs spécialistes et associations. La mise en place de toutes ces mesures peut très bien se faire en parallèle avec l’implantation de la politique de la famille restreinte. Morales religieuses Plusieurs religions prônent encore les naissances nombreuses. « Croissez et multipliez-vous », ordonnait le Dieu de l’Ancien testament. C’était un commandement très valable jusqu’au XXe siècle. D’ailleurs, la sagesse séculaire voulait que l’on fît beaucoup d’enfants pour compenser les taux élevés de mortalité infantile, et aussi pour se doter de «main d’œuvre à bon marché» ou encore pour s’assurer le soutien de « bâtons de vieillesse ». Aujourd’hui, il n’est plus possible de soutenir une telle orientation : un trop grand nombre d’êtres humains va entraîner à brève échéance l’extinction de l’espèce humaine elle même. Il vaut mieux faire moins d’enfants qui n’ont pas demandé à naître que de donner naissance à des êtres humains qui mourront de faim ou de désespoir, étant dans l’incapacité d’améliorer leur sort misérable. Il y aurait donc lieu que les religions révisent leur morale pour tenir compte de l’avenir prévisible de l’espèce humaine. Certes, presque toutes les religions dénoncent avec raison le matérialisme et la surconsommation. Le problème, c’est que très peu de leurs ouailles les suivent sur ce terrain. C’est pourquoi, en maintenant une morale anti-avortement et en privilégiant encore les familles nombreuses, elles s’apparenteront à des bergers qui, inconsciemment, poussent leurs troupeaux vers le précipice. Impacts de l’inversion de la tendance démographique 1- D’abord et avant tout, c’est la possibilité d’assurer la survie des Terriens ; après la menace d’une guerre nucléaire totale qui est moins probable mais toujours possible, c’est le trop grand nombre de Terriens (i.e. de consommateurs) qui constitue la principale menace à la vie humaine sur terre. 2- Dans la plupart des pays développés, une immigration accrue entraînerait une plus grande diversité culturelle ; c’est loin d’être un désavantage, si on examine la grande diversité des origines des citoyens des États-Unis. 3- Dans les pays développés, l’inversion de la pyramide des âges serait accélérée ; l’immigration pourrait en grande partie compenser cette inversion. Le Japon est le premier pays développé à vivre intensément cette situation : 21,7 % de sa population est âgée de plus de 65 ans (18). En 2050, il ne restera que 1.3 travailleur pour payer les retraites de 3 personnes âgées. C’est pourquoi le Japon commence à retarder les mises à la retraite jusqu’à 65 ans et il incite les entreprises à garder leurs employés jusqu’à 70 ans. 4- Dans les pays développés, la diminution soutenue de la consommation pourrait entraîner une croissance négative de l’économie pendant plusieurs années, i.e., une récession, voire une dépression ; une partie de la classe moyenne réduite au chômage pourrait s’en trouver relativement appauvrie (elle achèterait moins de VUS pour rouler en ville) ; mais il ne faut pas craindre la misère vécue dans les années 30, car tous les pays développés ont maintenant un bon filet de protection sociale. Les compagnies pourraient continuer à délocaliser leurs usines de fabrication de biens de consommation dans les pays émergents et se concentrer encore plus sur l’économie du savoir et des services. Les ressources naturelles s’amenuisant, tôt ou tard les pays développés devront apprendre à gérer la décroissance de leur PIB. Les spécialistes devraient plancher là-dessus le plus tôt possible pour assurer une transition en douceur, plutôt qu’attendre une crise provoquée par une hausse rapide et vertigineuse des prix des ressources naturelles. 5- Dans la plupart des pays moins développés, la population diminuerait ; ce serait un soulagement pour les gouvernements qui auraient un moins grand nombre de bouches à nourrir et d’emplois à créer. Par ailleurs, ils pourraient profiter de la délocalisation des usines des pays développés pour se constituer une classe moyenne. Il n’est pas interdit aux pays d’Afrique d’imiter en ce sens les actions de pays comme la Chine, le Vietnam, ou la Tunisie. 6- Les pays moins développés feraient face eux-aussi à une inversion de la pyramide des âges ; toutefois, au fur et à mesure que le niveau de vie augmenterait dans ces pays, les flux migratoires pourraient aussi s’inverser partiellement, certains immigrants des pays d’accueil désirant retourner dans leur pays d’origine ; à cette fin, les pays à migration négative, seraient bien avisés d’accorder la double nationalité à leurs émigrants comme le font déjà la France et l’Italie. 7- À l’échelle mondiale, les richesses seraient beaucoup mieux partagées : grâce à l’aide internationale prévue pour l’application de la politique de la famille restreinte, les pays moins développés verraient le niveau de vie de leurs citoyens augmenter sensiblement et une plus grande consommation de leur part permettait de faire décoller ou d’accélérer la croissance de leur économie. Conclusion Il y a une certitude : l’espèce humaine sera disparue de cette terre dans cinq milliard d’années. Un cynique pourrait dire « Alors, pourquoi pas dans 300 ans, après la mort de nos arrière-petits-enfants ?, i.e., après nous, le déluge. NON PAS ! La vie est une trop belle aventure pour quelqu’un qui profite d’un niveau de vie décent (3) et qui a trouvé la recette du bonheur : apprécier tout ce qu’il a déjà, ne pas envier ceux qui ont plus et aimer. L’orientation préconisée ici se veut un hymne à la vie décente pour l’ensemble de la population humaine sur cette petite chaloupe qu’est notre Terre commune. Elle se veut aussi une progression vers une société planétaire plus égale et plus solidaire. Pour y arriver, il est urgent d’AGIR. Notes (1) : Ministère de l’écologie et du développement durable/République française : Dossier d’information pour le Sommet mondial sur le développement durable tenu à Johannesburg en 2002 ; dossier intitulé : Dématérialisation de l’économie et conservation des ressources naturelles, page 2 : « L’empreinte écologique représente donc la surface productive de sol et d’océans et mers nécessaires pour, à la fois, (1) fournir les ressources consommées par une population donnée, et (2) assimiler les rejets et déchets de ladite population. SOURCE : Passer par Google et rechercher « Dématérialisation de l’économie et conservation des ressources »
(3) : Niveau de vie décent : en voici une liste non exhaustive : - une possibilité de 3 bons repas par jour et de l’eau potable à volonté ; - des vêtements adaptés au climat, à la culture et aux activités multiples ; - un logement salubre et des meubles à des prix abordables ; - la sécurité des personnes et de leurs biens assurée par un nombre suffisant de personnel compétent et intègre : police locale, armée nationale, système judiciaire indépendant du pouvoir politique et religieux; - une éducation gratuite aux niveaux primaire et secondaire, et des études post secondaires partiellement subventionnées ; - l’accès abordable à un professionnel de la santé et aux médicaments requis ainsi que la gratuité des hospitalisations; - une profession ou un travail rémunéré et, pour les employés non syndiqués, des conditions minimales de travail (salaire, horaires de travail, vacances annuelles, etc.); - l’accès abordable aux outils de communication modernes, tels que le téléphone, la télévision, l’ordinateur à $100 et l’Internet de base ; - du temps libre et quelque argent pour la famille, la spiritualité, la culture, les loisirs et les sports peu dispendieux ; Tous les pays adhérant au traité devraient chiffrer précisément le revenu mensuel net requis pour qu’une personne atteigne ce niveau de vie décent. Dans les pays développés, ce revenu mensuel net se situerait probablement au-delà des allocations de l’assistance sociale. (4) : ONU, département des Affaires économiques et sociales, division Population ; rapport intitulé « World Population Policies, 2007 », part one : Government Views and Policies, pages 7, 8, 12, 15, 20, 27 et 29. Passer par Google et rechercher « World Population Policies 2007, Government Views and Policies » puis cliquer sur « Government Views and Policies ». (5) : Il ne faut pas confondre « taux de naissances » qui est le rapport entre les naissances et la population totale et « taux de fécondité » qui est le rapport entre les naissances et le nombre de femmes en état de procréer (15 à 50 ans).
(8): Ecological Footprint of Nations – 2005 Update, Redefining Progress: page 8. Passer par Google et rechercher « ecological footprint of nations 2005 update » (9) : GIEC : Bilan 2007 des changements climatiques -- De plus, dans le rapport du Groupe de travail I – Les bases scientifiques physiques du changement climatique, résumé pour les décideurs, il est écrit ceci : À la page 5 : « Le réchauffement du système climatique est sans équivoque, car il ressort désormaisdes observations de l’augmentation des températures moyennes mondiales de l’atmosphère et de l’océan, de la fonte généralisée des neiges et des glaces et de l’élévation du niveau moyen mondial de la mer… » À la page 10 : « L’essentiel de l’accroissement observé sur la température moyenne globale depuis le milieu du XXe siècle est très probablement (>90%) dû à l’augmentation observée des concentrations des gaz à effet de serre anthropiques. Ceci représente un progrès par rapport à la conclusion du TRE qui indiquait que « l’essentiel du réchauffement observé au cours des 50 dernières années était probablement dû à l’accroissement de la concentration en gaz à effet de serre ». L’influence humaine est maintenant perceptible dans d’autres aspects du climat, tels que le réchauffement des océans, les températures continentales moyennes, les températures extrêmes et la structure des vents… » À la page 12 : « La poursuite des émissions de gaz à effet de serre au rythme actuel ou à un rythme supérieur provoquerait un réchauffement supplémentaire et entraînerait de nombreuses modifications du système climatique mondial au cours du XXIe siècle qui seraient très probablement plus importantes que celles observées au cours du XXe siècle. »
(11) : Hubert Reeves, Le Journal de Montréal du 11 septembre 2007, passer par Google et rechercher « « Naissance d’une identité de terrien ».
ANNEXE Données extraites du rapport 2007 de l’ONU (Traduction libre du soussigné) (Note 4) : Plusieurs pays estiment maintenant que la croissance de leur population est trop élevée et prennent des mesures pour la diminuer. Ainsi, en 2007, l’Afrique compte 66% de pays qui estiment la croissance de leur population trop élevée. Ce pourcentage de pays est de 45% en Asie et d’un maigre 24% en Amérique latine et les Caraïbes. Toujours en 2007, 47% des pays émergents et 70% des pays les moins développés s’étaient dotés de politiques en vue de réduire le taux de croissance de leur population. A l’inverse, 61% des pays d’Amérique latine et des Caraïbes n’interviennent aucunement en vue d’influencer le taux de croissance de leur population.
Soixante-quatre pays 1 ayant une population supérieure à 10 millions d’habitants et un taux de fécondité supérieur à 1,5 2
1- ONU, département des Affaires économiques et sociales ; population mondiale (révision 2006).
SOURCE : http://esa.un.org/unpp/index.asp?panel=3
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