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Résumé de l'article L’idée phare de cet article est qu’au 21ème siècle, la sécurité internationale dépendra moins du nombre de personnes effectivement présentes sur la planète que de la manière dont cette population mondiale sera composée et distribuée. Pour désamorcer la nouvelle bombe P, cet article préconise les solutions suivantes: La solution réside véritablement dans l’adaptation des institutions de gouvernance mondiale. L'admission de la Turquie dans l'Union européenne serait aussi une bonne chose puisque cela permettrait d'améliorer les relations entre les sociétés musulmanes et occidentales.
Notre analyse critique La nouvelle bombe population se réduirait, selon son auteur, à un déséquilibre démographique Nord/Sud à l'avantage du second, sans prise en compte du nombre excessif d'humains présents sur la Terre. L’accent est mis sur l’analyse des effectifs relatifs de chaque pays et des problèmes de répartition, et le risque de surpopulation planétaire est en réalité totalement occulté. Cette démarche pourra séduire certains lecteurs car elle leur semblera à la fois plus raisonnable et plus subtile qu’une approche globale. Et pourtant, que de manques dans cette vision des choses ! Des manques, ou plutôt un seul oubli, mais de taille : les réalités physiques du monde. L’auteur omet de rappeler qu’au cours des différents phénomènes de croissance qu’il décrit, notre planète n’a pas gagné un seul mètre carré et que les terres disponibles se sont à la fois réduites et dégradées, que la biodiversité s’est effondrée et que les réserves d’énergies fossiles ont été plus que largement entamées. Comment peut-on évoquer l’avenir sans intégrer ces paramètres fondamentaux au cœur de la réflexion? Comment peut-on envisager la croissance pour les pays du Tiers Monde sans rappeler que dans les pays occidentaux cette formidable expansion économique a été le fruit de l’utilisation massive d’énergies fossiles ? Or, l’épuisement de ces dernières ne permettra plus à de nouvelles nations de rejouer à leur profit le scénario qu’ont connu l’Europe de l'ouest, le Japon et l’Amérique du Nord. Certaines des solutions proposées semblent également curieuses. Rétablir l’équilibre démographique en relançant la natalité dans les pays occidentaux (Russie comprise) est une solution qui (du fait de l’empreinte écologique excessive de ces pays) va dans le mauvais sens au niveau de l’environnement et qui, de toute façon, ne changera rien au rapport de force démographique. En effet, les indiens, les chinois ou le monde musulman seront toujours chacun un milliard de plus que les États-Unis, l’Europe occidentale ou la Russie. Que nous soyons en France 60 ou 80 millions ne changera rien au fait que démographiquement nous seront largement minoritaires. A quoi bon perturber l’équilibre écologique de notre pays pour représenter 1 % du monde plutôt que 0,8 % ? Ce n’est donc pas la bonne voie. A l’inverse, tenter de réduire démocratiquement la natalité dans les régions à forte expansion démographique serait de ce point de vue moins coûteux, nettement plus productif et beaucoup plus sage pour tout le monde. Rappelons que la surpopulation n’est pas seulement une conséquence du sous-développement mais en est bien souvent une cause et parfois la première. Quant à la vision quelque peu idyllique des mouvements migratoires ici présentée, elle paraît peu crédible. C’est une souffrance pour un émigrant de quitter son pays et il y a une grande difficulté à s’intégrer dans une nouvelle culture. On sait d’autre part que des arrivées excessives sont souvent mal vécues par les populations des pays d'accueil. De toute façon le rapport démographique est tel que c’est une solution forcément marginale. N’oublions pas non plus que la jeunesse tant vantée de certains pays du Tiers Monde sera dans 50 ans un fardeau terrible, car tous ces jeunes seront devenus des personnes âgées. Il serait préférable d’arrêter dès aujourd’hui cette course folle qui consiste à considérer que seules des générations plus nombreuses que les précédentes peuvent assurer l’équilibre de la société. « Voici venu le temps du monde fini » dit Albert Jacquard en titre d’un de ses ouvrages, il faut aujourd’hui en tirer les conséquences. Enfin une des suggestions économiques paraît également discutable : celle qui consisterait à favoriser l’accroissement des échanges. C’est évidemment un grand classiques du discours dominant, mais cela fait un siècle que nous les accroissons et que le commerce mondial explose couvrant les mers de navires et les routes de camions au grand dam des équilibres énergétiques, écologiques et même sociaux, puisque certains pays deviennent les usines du monde tandis que dans d’autres, pourtant consommateurs, c’est le chômage qui sévit. La relocalisation au contraire permettrait de meilleurs équilibres. Certains produits seraient sans doute plus chers à produire dans les pays occidentaux mais ce serait probablement et de loin, un moindre mal.
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Commentaires
AH! SI LES POLITICIENS POUVAIENT ETRE AUSSI LUCIDES!